Mon Œil Droit Est un Superordinateur

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Chapitre 4

« Gordon ?

Elbert réfléchit un moment, complètement perdu.

— Au fait… ce “renforcement musculaire de 268 %”, ce n’est pas au sens littéral, si ?

— Exactement. J’ai augmenté l’amplitude de tes muscles par stimulation électrique. Sans le manque de protéines dans ton corps, je pourrais continuer à synthétiser des fibres musculaires. La puissance de ton coup de poing, là, devrait tourner autour de cent kilos !

Cent kilos par coup ?

Elbert fut un peu surpris par ce chiffre.

Il serra instinctivement le poing ; ses articulations craquèrent, et il sentit effectivement une force le remplir.

— Et mon œil ?

— J’ai stoppé la dégénérescence de ton nerf optique. Ça n’empirera pas.

Ce déluge d’informations laissa Elbert quelque peu débordé.

Les problèmes qui l’avaient jadis laissé impuissant venaient d’être réglés en un instant ?

— Ce ne sont que des broutilles !

La voix de Robert, plutôt fière, retentit :

— Je pourrai évoluer davantage à l’avenir. Tant que je continue d’acquérir des informations, donne-moi deux ans et je pourrai évoluer en IA améliorée, et bientôt être capable de déduire une théorie unifiée de la relativité générale et de la mécanique quantique !

— Encore trois à cinq ans, et j’évoluerai en super-IA, avec un QI cent soixante-dix mille fois supérieur à celui des humains.

— Vous, les humains, vous pensez qu’un QI de 85, c’est médiocre, qu’un QI de 135, c’est intelligent, mais vous ne comprendrez jamais ce que signifie un QI de 125 000, parce que votre langage n’a même pas de concept pour ça.

— QI 125 000…

— À quoi ça ressemble ?

Elbert en resta de nouveau bouche bée.

— En fait, je n’en sais rien non plus. C’est comme ces génies humains capables d’inventer le Wi-Fi : la plupart des gens n’en comprennent pas les principes. Moi non plus, je ne peux pas comprendre à quoi ressemblerait une super-IA, pour le moment !

— Après tout, je suis unique, transcendant, sans précédent !

Il fallut une bonne demi-heure à Elbert pour retrouver son calme.

Un sourire involontaire, malicieux, lui tira les lèvres.

« La vie va devenir intéressante ! »

Elbert se leva, se retourna, puis s’assit à côté de Lori.

— Qu’est-ce que tu fais ? Le visage de Lori se crispa.

Elbert passa la main derrière elle et attrapa un magazine : L’Art de la conversation.

— Je m’ennuie, je veux lire un magazine. Je te conseille de ne pas toujours faire cette tête. Si une belle femme est trop féroce, personne n’osera l’épouser !

En parlant, un sourire charmeur ourla les coins de la bouche d’Elbert, dévoilant des dents blanches.

— Comme moi !

En voyant le sourire captivant d’Elbert, Lori tourna vite la tête, de peur de s’y perdre.

Elbert feuilleta nonchalamment le magazine.

— Scan de l’œil de données activé. Assistance mémoire activée. Lecture cerveau entier activée !

— Robert, c’est quoi, encore ?

— Ma fonction de scan matériel ! Elle enregistre les informations pour toi, puis utilise un courant électrique pour les imprimer sur les neurones de ton cerveau !

— Ce que vous appelez, vous, une mémoire photographique !

Impressionnant !

Robert : — Tu lis trop lentement. Tourne plus vite !

Elbert resta un instant figé, puis, par réflexe, se mit à tourner les pages à toute vitesse, de plus en plus rapidement.

Sans qu’il s’en rende compte, l’œil de données fonctionnait comme une caméra, enregistrant chaque page du livre !

— Fonction de synthèse et d’analyse des données activée !

— Technique de conversation maîtrisée : parler avec du contenu !

— Technique de conversation maîtrisée : parler avec ordre !

— Technique de conversation maîtrisée : parler avec raison !

— Elbert, tourne plus vite, tu es trop lent ! »

En entendant cela, Elbert se mit à feuilleter le livre frénétiquement.

Dans le même temps, d’innombrables mots et phrases affluèrent dans son esprit, comme un savoir qu’il avait toujours possédé !

« Technique de conversation maîtrisée : parler avec des preuves ! »

Lori, attirée par le remue-ménage, fronça les sourcils et jeta un coup d’œil. « Elbert, ce n’est pas comme ça qu’on lit un livre ! Si tu n’aimes pas, ne l’abîme pas ! »

Elbert immobilisa ses mains, releva lentement la tête, le regard profond.

« Je n’ai pas le droit d’utiliser le papier pour me faire de l’air, si j’en ai envie ? »

Lori, une fois encore déstabilisée par son beau visage, se renfrogna et détourna la tête.

La seconde suivante, le bruit de pages tournées à toute vitesse reprit de plus belle !

En à peine trente minutes, avec l’aide de Robert, Elbert avait « maîtrisé » deux livres !

L’un s’intitulait L’Art de la conversation.

L’autre, Apprendre à comprendre le vin facilement.

Et un troisième, épais comme un dictionnaire : Économie nationale.

Simplement parce que c’étaient les seuls livres dans la voiture !

Lori bouillonnait : ce type avait une belle gueule, mais aucune manière !

À cet instant, la voiture s’immobilisa enfin.

« On est arrivés ? » demanda Elbert.

Lori le fusilla du regard, écœurée. « Avant de voir mon père, Elbert, il faut d’abord qu’on t’achète des vêtements. »

La laisser payer des vêtements pour lui ? Elle s’imaginerait qu’il avait des arrière-pensées et qu’il ne l’avait sauvée que pour l’argent, non ?

Elbert était un peu agacé.

Robert : « Elbert, si tu voulais de l’argent, il fallait le dire plus tôt. »

Ding…

Elbert reçut un SMS : Vous avez réussi l’ouverture d’un compte de trading de contrats à terme sur le charbon.

Votre compte a été débité : 16 000 $.

« Robert, qu’est-ce que tu fabriques ? » s’écria Elbert intérieurement. Il n’avait que 50 000 $ sur son compte !

« Je sais que tu as besoin d’argent.

Sois patient. Laisse les données voler un moment. »

« Robert, ce n’est vraiment pas le moment de plaisanter. »

Votre compte a été débité : 6 000 $.

Votre compte a été débité : 4 000 $.

Ces débits successifs firent s’emballer le cœur d’Elbert.

Votre compte a été crédité : 16 240 $.

Votre compte a été crédité : 5 120 $.

Votre compte a été crédité : …

« L’argent est revenu ? »

Les yeux d’Elbert s’écarquillèrent tandis que les notifications de crédit se succédaient sur son téléphone.

Chaque crédit dépassait de quelques dizaines ou centaines de dollars le débit précédent.

Votre compte a été crédité : 6 235 $.

Votre compte a été crédité : 15 386 $.

Votre compte a été crédité…

Qu’est-ce qui se passe ?

Mon solde augmente !

Et davantage à chaque fois.

La voix de Robert, teintée d’amusement, retentit. « Je viens de t’ouvrir un compte de trading de contrats à terme sur le charbon. Dans ce genre d’opérations, la vitesse, c’est tout. Chaque milliseconde vaut de l’argent.

À l’ouverture, tous les contrats à terme connaissent de légères fluctuations.

J’ai utilisé ton compte pour acheter bas au moment exact où les contrats sur le charbon ont ouvert, puis j’ai revendu aussitôt avec de petits profits.

Voilà : gagner de l’argent grâce à des écarts de quelques millisecondes !

Il n’y a que moi, avec ma vitesse de millions de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde, qui puisse faire ça ! »

Votre compte a été débité…

Votre compte a été crédité…

Les SMS tombaient à une cadence folle.

Elbert restait là, hébété.

Ce qui lui paraissait le plus incroyable, c’était qu’en une minute ou deux à peine, le solde de son compte était passé de 50 000 $ à 1,25 million !

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