Mon Œil Droit Est un Superordinateur

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Chapitre 9

Les deux jumelles, de véritables beautés, ne purent s’empêcher d’éclater de rire.

Ce beau-frère était vraiment redoutable !

Sans dire un mot, il venait de tendre un piège à Elbert !

Rien que d’imaginer Elbert obligé de déjeuner en faisant le poirier devant tout le monde leur donnait mal au ventre à force de rire !

Voyons un peu ce qu’il va faire, maintenant !

« Je commence. »

Rex saisit un arc professionnel noir, et son expression se fit aussitôt grave.

Il était bel et bien un professionnel. D’abord, il jaugea la direction du vent, puis fixa la cible avec une concentration absolue.

Mary sortit une écharpe et banda doucement les yeux de son beau-frère.

Rex lança un cri bref et sonore, bandant ses bras, et tira la corde jusqu’à pleine allonge.

Une suite de gestes qui suscita l’admiration des deux jeunes filles !

Rex prit deux profondes inspirations et déclara d’un ton posé : « Le tir à l’arc exige une main stable et un esprit calme. J’ai travaillé dur pendant dix ans, au point d’approcher l’unité du corps et de l’esprit. Même les yeux bandés, ce cercle rouge est gravé dans mon esprit ! »

« Elbert, regarde bien. Aujourd’hui, je vais te montrer à quoi ressemble la force d’un champion ! »

Les acclamations des deux jeunes filles éclatèrent aussitôt !

Rex esquissa un sourire et retira lentement l’écharpe.

La flèche était plantée en plein centre de la cible à vingt-cinq mètres — un dix parfait !

« Comme on pouvait s’y attendre de notre super beau-frère ! Ton tir à l’arc est sans égal ! Ha ha ! »

Les deux jeunes filles riaient de plus belle. Avec ce tir, leur plan pour ridiculiser Elbert allait fonctionner !

« Donc, pour gagner, il faudrait que je touche une cible plus loin, c’est ça ? » lança de côté la voix nonchalante d’Elbert.

En l’entendant, Rex afficha une expression à la fois excédée et incrédule. « Elbert, c’est une cible à vingt-cinq mètres. Plus loin — disons trente mètres — c’est une distance de compétition professionnelle ! »

Sur ces mots, Rex se tourna vers Elbert… et se figea.

Rex ne parvint plus à conserver son air distingué : il éclata de rire, tout simplement.

« Elbert, c’est quoi, ça, que tu tiens ? »

Elbert tenait un immense arc en corne. La conception en était archaïque, la finition grossière ; même la corde n’était qu’une épaisse corde de chanvre !

Rex l’avait acheté comme pièce de collection, attiré par son allure ancienne et sa forme particulière.

Fabriqué selon des méthodes traditionnelles, cet arc n’était pas réputé pour sa précision.

Et surtout, c’était le genre d’arc utilisé par les chasseurs de montagne pour traquer le sanglier ; d’ordinaire, il fallait deux personnes pour bander la corde !

D’après les données, la puissance de traction atteignait au moins cent quatre-vingts livres.

Autrement dit, il fallait l’équivalent de quatre-vingts kilos de force dans les bras pour le bander !

Même Rex, ancien champion de tir à l’arc, ne pouvait que l’admirer, incapable de le manier aisément.

« Elbert, je te conseille de changer d’arc. Sinon, notre concours peut s’arrêter tout de suite ! »

Rex rajusta ses lunettes, essuyant les larmes que le rire lui avait tirées. « Ce n’est pas pour te rabaisser, mais avec cet arc-là, ta flèche ne volera même pas sur cinq mètres ! »

« Premièrement, il me faut une cible à quarante mètres.

« Deuxièmement… »

Elbert souffla doucement la poussière sur l’arc en corne et dit d’un ton calme : « Puisque M. Ingram est si certain que je ne peux pas tirer une flèche, pourquoi ne pas augmenter la mise ? Osez-vous vous placer devant la cible ? »

« Ce gamin est intéressant ! »

Refusant de reculer, Rex fit tournoyer ses bras avec désinvolture et se dirigea vers la cible.

« Vouloir frimer devant les filles, je comprends. Mais ce que tu fais est impossible : tu ne feras que te ridiculiser ! »

Rex trouvait la situation complètement absurde !

Avec la carrure d’Elbert, il lui était impossible de bander cet arc en corne.

À quarante mètres, même si je reste immobile et que je te laisse décocher ta flèche, tu ne pourrais pas me toucher !

Pourtant, ce concours allait vraiment servir à quelque chose.

Dans un moment, ce gamin devra déjeuner en équilibre sur les mains devant mon père — ce sera la risée de l’année !

Il ne pourra plus jamais relever la tête dans la famille Brown !

À cette pensée, Rex ne put s’empêcher d’afficher un sourire moqueur.

Pendant ce temps, Elbert choisit dans le carquois voisin la flèche la plus épaisse, entièrement en métal, grande comme une lance !

La corde de l’arc vibra dans un claquement sec, faisant voler la poussière !

Rex se tourna avec élégance devant la cible… et resta aussitôt stupéfait.

Elbert bougea — pliant le bras, bandant l’arc, prenant la visée — d’un seul mouvement fluide, sans la moindre hésitation !

Cent quatre-vingts livres ?

Pour Elbert, dont la force avait été augmentée de 286 % et dont la puissance d’un seul bras atteignait cent kilos, c’était un jeu d’enfant !

À l’instant où il saisit l’arc et la flèche, d’innombrables techniques de tir à l’arc jaillirent dans son esprit comme des éclairs, et tout s’imbriqua à la perfection.

À cet instant, Mary et Susan se tenaient derrière lui, la tête levée vers Elbert.

Elles virent une silhouette haute, de longs bras tirant l’énorme arc de corne jusqu’à former un croissant de lune parfait, dégageant une sauvagerie innée. Sous le soleil éblouissant, il ressemblait à une divinité grecque sculptée dans le marbre, d’une beauté irréelle.

Elles en restèrent captivées.

Quelle force fallait-il dans les bras pour bander un arc de corne aussi massif à un degré aussi terrifiant ?

Les deux filles avaient essayé elles-mêmes de tendre ce grand arc ; elles savaient à quel point il était raide et combien la corde était difficile à tirer !

En voyant cela, non seulement elles, mais même Rex, sextuple champion, sentit ses pupilles se contracter brusquement !

« Beau-frère, ne tremble pas ! »

Les bras d’Elbert étaient maintenant complètement tendus, son œil gauche légèrement plissé, son regard verrouillé avec une précision millimétrée sur le centre de la cible !

Et la vitesse du vent — un mètre cinquante par seconde —, le poids de la flèche d’acier, le taux de perte de vitesse… tout était sous contrôle !

Avec des données aussi précises, ajoutées à des talents de tir quasi divins…

Rien que sur la technique, Elbert était déjà le meilleur tireur du monde !

Soudain, Elbert inclina légèrement la tête et adressa aux deux filles un sourire malicieux. « Mesdames, vous vous évanouissez à la vue du sang ? »

Les deux jeunes filles, encore en admiration devant la posture d’Elbert, sursautèrent, le souffle coupé.

Devant la cible se tenait leur beau-frère, si séduisant !

Elbert ferma doucement les yeux.

Tir à l’aveugle !

L’instant d’après, la flèche géante, grande comme une lance, quitta la main d’Elbert.

Le sifflement de l’air fendu hurla tandis qu’elle fonçait droit sur Rex !

Cette flèche portait une puissance capable de tout détruire !

Rex en oublia d’esquiver ; l’élan majestueux de la flèche ne lui laissa pas le temps de réagir !

La flèche de fer transperça son col et souleva son corps du sol !

BANG !

Le corps de Rex fut emporté sur deux mètres dans les airs avant de s’écraser de plein fouet contre la cible qu’on venait d’installer !

La flèche géante traversa le mille, la moitié du fût enfoncé.

Et Rex, tel un prisonnier pendu au mur d’une cité, se balançait sous la cible, suspendu là, ses vêtements relevés, dévoilant la moitié de son ventre, le regard vide !

Tout était allé trop vite.

Quand les deux filles reprirent enfin leurs esprits,

Elbert avait déjà rangé l’arc avec calme.

Leur beau-frère venait de subir une défaite écrasante !

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